‡ Finwen ‡
Je suis née sous le prénom de Maaya, au Japon, en 1598, quelques années avant la bataille de Sekigahara et l'arrivé au pouvoir de Toyotomi Hideyoshi. Mon près, que ma mère qualifiait de courageux samouraï, est mort durant ce combat. Peut-être fut-ce la raison de mon amour pour l'art et le maniement du sabre, mais j'en doute fort...
J'ai vécu une vie peu facile, mais pourtant très riche. Ma mère est morte jeune, et après l'avoir exhumée de mes propres mains, je suis partie en errance sur toute l'île de Honshû, puis dans l'archipel entière. Mes combats furent variés. À cette époque là, beaucoup d'entre nous cherchaient à se faire valoir comme le meilleur... La mort m'a frôlé de très prêts à de nombreuses reprises, et cela ne fit que renforcer mon désir de sang, de mort et de violence...
Un jour, je décidai de retourner me recueillir pour la mort de ma mère. Retournant à Edo, que vous connaissez à présent sous le nom de Tôkyô, je passai plusieurs jours à méditer. Ce qui fit cesser cette semaine de recueillement fut la rencontre, quelque peu étrange, d'un homme que j'aurais pu juger de complètement psychotique...
Je marchai tranquillement dans un vieux cimetière abandonné lorsqu'un cri d'agonie vint me vriller les tympans. Prudente, je me dirigeai alors là où me guidait les hurlements, la main prête à dégainer mon katana. Il l'avait attaché à une pierre tombale... Je me questionnais sur l'impressionnante résistance physique de la jeune femme et son apparent désir de vivre. Elle était coupée de partout, un flot de sang impressionnant souillant le sol sous elle. Je voyais ses forces la quitter tout doucement, alors que l'homme continuait sa torture. Finalement, la laissant là, il s'éclipsa sans m'avoir remarqué. M'assurant qu'il avait réellement quitté les lieux, je m'approchai de la jeune torturée. Détrompez-vous, je n'étais animé d'aucune intention de la sauver, juste de la curiosité. Je remarquais immédiatement que son bourreau avait bien pris soin de ne toucher aucun point vital, il souhaitait vraisemblablement qu'elle reste en vie... pour le moment. La jeune femme murmurait dans un délire incompréhensible, mais je parviens à comprendre trois mots : « ane-san », « yumi » et « hayaku ». Je conclu, à force d'entendre ces répétitions, qu'elle n'était pas la seule en danger et que sa sœur Yumi devait être bien terrorisée où qu'elle soit...
Un bruit... Je me précipitait derrière une stèle le plus silencieusement possible et je restai là à regarder. Il tenait fermement une jeune femme, en larme et affolée, par le bras. A la vue de la sanglante torturée, elle émit à cri de peur affolant, mais elle dût se taire puisque le bourreau venait de lui enfoncer sous poing dans la bouche pour étouffer le son. La suite était prévisible. L'homme viola la nouvelle jeune femme devant la mourrante qui restait paralysée d'horreur. Finalement, cette dernière hurla dans un dernier effort le nom de Yumi, et je me décidai à bouger. Le bourreau resta interdit, quant à la pauvre Yumi, elle était trop choquée pour qu'une quelconque nouvelle information puisse entrer dans son cerveau. La pointe de ma lame était enfoncée dans la gorge de la torturée maintenant morte, souillant mon élégant kimono de sang. Le vent souffla fortement et, sans qu'elle ne comprenne ce qu'il venait de se passer, Yumi était scalpée, et l'homme pris au dépourvue par une lame baignant de sang pointée entre ses yeux. Lorsqu'il reprit ses esprits, il éclata de rire, affirmant que mon arme ne devait plus couper, souillée comme elle l'était. Je lui prouvais qu'il avait tord. Un combat s'engagea, dura, puis se termina sans d'autre mort que les deux femmes. Il m'avoua, tombant d'épuisement, son nom Neiji, je lui donnai le mien...
Neiji fut un ami très proche avec qui je livrai beaucoup de magnifiques duels. Je ne lui ai jamais demandé pourquoi il avait torturé ces femmes, je n'en avais que faire. Nous restâmes ensemble environ cinq ans. Pour être exacte, jusqu'à ma rencontre avec une étrangère. Le Japon n'était pas encore entrée dans la période du sakoku, mais nous ne voyions jamais d'étranger. Elle était finlandaise...
Grâce à elle j'ai pu te rencontrer, majestueuse Ivy, reine des adorées ! Pour cela je ne la remercierais jamais assez. Elle me fit aussi goûter aux plaisirs de l'immortalité, accentuant ainsi mes désirs assassins. Dès ce jour, Neiji ne fut plus rien pour moi, mais Persephone, que je considère toujours comme mon maître, fut beaucoup... Je ne me fis plus connaître par le nom de Maaya, mais sous le pseudonyme « Finwen ».