‡ l'attaque ‡
Je venais de finir d'espionner Alain, 24 ans, habitant de Tharfân, je rentrais à Manadh. Voilà à présent deux mois que j'étais devenu une suceuse de sang. Depuis ce moment, je n'avais pas décroché un seul sourire, le son de mon rire s'était perdu, mes yeux n'avait pas croisé de lueur joyeuse depuis longtemps. Cette dernière mission m'avait relativement épuisée. Chaque fois que je me trouvais près d'Alain, mes yeux se brouillaient et je n'arrivais plus à rien voir. Il fallait que je m'arrête et attende quelques minutes que cela se passe, et ensuite, il n'était guère aisé de retrouver cet Alain. Jamais je ne pus le suivre, jamais je ne pus écouter ses conversations. Il a donc fallu que j'entre directement en contact avec lui, me faisant passer pour une nouvelle étudiante de son école d'art. Cela marcha très bien, mais c'était quelque chose de risqué que je n'aimais pas faire car avec le monde qui nous avaient vu ensemble, je serais immédiatement soupçonné de son enlèvement, et le problème résidait dans le fait que Tharfân était une grande ville, et je risquais de m'y rendre encore beaucoup de fois… Au lieu de durer trois jours, cet espionnage m'en pris huit. Huit jours sans fermer l'œil, toujours à être vigilante aux moindres faits et gestes de ma victime, et ces nombreux passages où une force invisible m'enlevait toutes mes propres forces. Je remis mon compte-rendu au chef militaire de Melrado, la citée de Manadh dans laquelle je vivais avec Leino, oubliant volontairement de nommer ce mystérieux contre temps. Pour eux, j'étais libre de faire durer l'espionnage aussi longtemps que je le désirais. J'étais épuisée, j'arrivais à peine à marcher. J'atteins difficilement la porte du manoir, et j'arrivais à peine à frapper à la porte, ne me sentant pas le courage de l'ouvrir et d'appeler Leino. Celui m'ouvrit presque aussitôt, la mine joyeuse, mais son sourire s'effaça immédiatement lorsque je m'évanouis dans ses bras. Ma perte de connaissance ne dura qu'une seconde, mais elle était bien étrange pour quelqu'un de naturellement solide comme moi. Leino m'installa sur un canapé dans le salon et m'apporta un verre de sang que je bus lentement. Je ressemblais à une mortelle croulant sous une maladie. Le vampire s'assit près de moi et me dit : " Tu n'es pas coutumière de ces affaiblissements, que c'est-il passé à Tharfân ? " Avec quelques difficultés, je lui expliquai tout en détail. Il ne parut pas surpris, mais un peu énervé. Le sang m'avait fait du bien, je me levai et alla ranger mon épée. Quand je revins, j'allais tout à fait mieux. Je lui dis : " Tu sais, après tout ce n'étais peut-être qu'un manque de nourriture… Je n'ai pas le droit de tuer pendant les missions… " Je m'interrompu car il s'était levé et se dirigeai vers moi. Ses yeux étaient… noir, son visage froid, je ne l'avais jamais vu comme ça. Il passa à côté de moi, sans vraiment me regarder et se dirigea vers la salle d'arme, où seul son épée était rangée. Je l'appelai, je voulais juste savoir ce qu'il avait…Il alla chercher son épée, et revint vers moi : " Je ne serais pas long et je reviens, je te le promet. " Il se pencha vers moi et m'embrassa. Puis il partit, sans plus d'explication. Je me laissa tomber sur le canapé en soupirant. *Mais qu'est-ce qui lui passe par la tête ? J'ai juste eu un petit affaiblissement sans doute du au manque de nourriture, enfin de sang…*
Deux heures passèrent, le soleil allait se levait. Je faisais les cent pas dans le salon, quelque peu stressée. Leino n'était pas comme moi, lui ne supportait pas le soleil…
Cinq heures ont passé. Mon dieu, le soleil était debout depuis longtemps !
Deux heures plus tard, la porte s'ouvre enfin. Je me précipite dans l'entrée mais ce n'était pas Leino… c'était une fantôme, mesurant près de deux mètres et habillé en moine. Il me regarda d'un œil vide et tendis la main vers moi. Je me retrouvais projetée contre le mur, le seul endroit où un crucifix en argent était accroché. Je hurlais de douleur et tomba sur le sol. *C'est quoi ce crucifix en argent ? Il n'était pas là il y a une minute !* Toute tremblante à cause de la douleur, je me relevai, mais le fantôme était déjà sur moi et il plongea sa main dans ma tête et j'eu l'impression que mon crâne allait se fendre en deux. Cette douleur se propagea dans tout mon corps, et je hurlais comme jamais. Soudain, je vis la pointe d'une épée traverser le fantôme là où aurait dû être son cœur, et l'esprit explosa, dans une expression de douleur. J'étais toute tremblante et la vue de Leino face à moi, les yeux semblables à ceux du diable ne me rassura pas comme elle aurait dû. Il posa son épée au sol, ferma les yeux et quand il les rouvrit, il était redevenu normal. Il s'agenouilla devant moi et me tendis sa main : " Peux-tu te lever ? "